L’éducation populaire, ce n’est pas une définition, mais plusieurs. Pourquoi ? Parce que comme concept, chacun se l’approprie en fonction de son époque, de son histoire, de ses valeurs, de son idéologie, de sa culture. Mais philosophiquement, elle n’a qu’un seul but : l’émancipation de l’individu (et non des masses) par l’éducation et la culture ; c'est en cela d'ailleurs qu'elle est populaire, car elle doit permettre l'accès du plus grand nombre, mais en priorité de ceux qui sont le plus éloignés de cette éducation et de cette culture de par les différences sociales. La nouvelle génération d’animateurs changera t-elle les définitions actuelles ? Ira t-on vers plus de loisirs, de consommation ? Peut-être... Bien sûr, je ne l'espère pas ! Mais je suis confiant, car sur le fond, il sera malgré toujours question de permettre à l’individu, en dehors de toute institution, de se forger un esprit critique. Il ne saurait d’ailleurs en être autrement... Et je sens frémir ces derniers temps un regain d'intérêt pour ce concept (y compris dans le Livre vert de Martin Hirsch) qui n'est pas aussi périmé que certains veulent le dire...
A noter qu’aucun dictionnaire ne donne de définition de ce concept. Florilège :
* L'éducation populaire est un courant d'idées qui milite pour une diffusion de la connaissance au plus grand nombre afin de permettre à chacun de s'épanouir et de trouver la place de citoyen qui lui revient. Elle se définit généralement en complément des actions de l'enseignement formel. C'est une éducation qui reconnaît à chacun la volonté et la capacité de progresser et de se développer, à tous les âges de la vie. Elle ne se limite pas à la diffusion de la culture académique ni même à l'art au sens large, mais également aux sciences, aux techniques, aux sports et aux activités ludiques... En réalité tous ces apprentissages sont l'occasion de développer ses capacités à vivre en société: confronter ses idées, partager une vie de groupe, s'exprimer en public, écouter, etc... WIKIPEDIA.FR
* On ne peut citer une définition acceptable de l’éducation populaire aujourd’hui en France, car elle se présente comme une réalité insaisissable , sans réelle unité au plan des pratiques, sans autonomie politique ou idéologique, sans visibilité indiscutable. GUY SAEZ
* C'est l'éducation qui n'est pas cadrée dans les structures traditionnelles de la famille, de l'école ou de l'université. C'est l'éducation au sein du " temps de loisir ", oui, mais par la pratique volontaire de la vie de groupe, la confrontation, le partage. C'est aussi l'éducation de chacun par chacun: l'éducation qui ne vient pas d'en haut, des classes dominantes, mais qui cherche à refondre la culture populaire en accordant une égale dignité à toutes les classes de la société. Celle aussi qui ne se limite pas à la " haute culture ", ni même aux oeuvres d'art, mais qui cherche la culture au sens large: sciences, techniques, sports, connaissance des arts, expression artistique. C'est l'apprentissage de la citoyenneté, enfin: la citoyenneté qui n'est pas seulement la politisation (l'art de réfléchir sur la politique institutionnelle) mais une pratique active: art de parler en public, de savoir écouter, de gérer un groupe, de s'intégrer à la société... JACQUES BERTIN in Politis
* L’éducation non formelle s’effectue dans des institutions, organismes ou systèmes non-scolaires ou académiques ayant l’objectif explicite d’une fonction d’éducation : associations, institutions culturelles, etc. Elle développe des « activités ou des programmes organisés en dehors du système scolaire établi, mais dirigés néanmoins vers des objectifs précis d’éducation ». Thesorus européen de l’éducation 1998
* L’éducation populaire, c’est le travail de la culture dans le champ du social, du politique et de l’économique.
* L’éducation populaire s’organise et se développe autour de trois grands principes. Le premier principe de l’éducation populaire est de permettre l’accès du plus grand nombre aux savoirs, à la culture. Le deuxième est l’idée que l’accès à la culture est une condition de la participation à la vie de la cité. Il n’y a pas de citoyenneté réelles si l’on est exclu du savoir, si pour des raisons sociales on ne peut y accéder. Il y a donc consubstantialité entre la lutte contre la relégation, en particulier territoriale , et l’éducation populaire. Le troisième principe fondamental, et nous sommes au coeur de la convergence, est que l’éducation populaire participe d’abord de l’éducation en dehors du cadre scolaire, de l’éducation non formelle, même si historiquement elle a participé aux combats pour l’accès du plus grand nombre à l’école.
* Qu'est-ce l'éducation populaire ? (...) Trois traits pour brosser un portrait (...) : un ensemble de de résonnances idéologiques ; une nébuleuse de mouvements, associations et institutions diverses lâchement reliées par le même "esprit" ; le sentiment d'un espoir déçu et d'un nécessaire sursaut. Philippe Urfalino in L'invention de la politique culturelle.
